Le Club Export : A

vril 2021

Amandine et Y

annick : « c’est notamment

parce que nous sommes français que nous

avons pu accéder facilement à l’incroyable

aventure de l’expatriation »

Ils se sont rencontrés très jeunes, à l’école dans la petite ville de Le Vigan (30).

Amandine Berthézène et Yannick Bonfort en ont parcouru des kilomètres ensemble :

«

Nous avons ‘reçu’ ‘l’appel de l’étranger’ à peu près en même temps. En 2014, à la fin

de nos études, on a pris une mappemonde et choisi 17 points (pays) qui nous

tentaient

». Les voilà partis en autofinancement faire ce tour du monde pendant 9 mois

: «

on a négocié du sponsoring en échange de visibilité

». Pas moins de six marques

ont parrainé ainsi nos globe-trotters !

Amandine a suivi ses études

au lycée Notre-Dame de la

Merci, puis la faculté de droit

de Montpellier pour réussir le

concours de l’École des

Avocats. C’est par ce biais

qu’elle découvrira l’Université

de Columbia à New York «

j’y ai beaucoup appris sur

d’autres manières

d’entreprendre et grâce à qui

j’ai pu découvrir la Chine

pendant un séjour organisé

par l’école de journalisme /

SIPA

». Yannick lui est passé

par le lycée électrotechnique,

l’IUT de Montpellier, et a

réalisé une alternance chez

Alstom en parallèle des cours

au CESI à Lyon : grâce à

cette expérience, il découvrira

la Chine pendant quelques

mois. Tous deux se rendent

compte que l’Asie est friande

de tout ce qui vient de

France : «

à cette époque (2015), le pays s’ouvrait vers la politique ‘du deuxième’

enfant. Nous avons donc décidé de créer une marque de textile Made in France pour

enfant

». De cette première expérience, ils ont appris beaucoup même si l’aventure

n’est pas allée au bout de leurs envies. De nouvelles opportunités les mènent tous

deux à Montréal, puis en moins d’une semaine ils organisent leur départ en Chine :

«

Yannick a été débauché par POMA pour travailler sur une mission entre la France et

la Chine. Ce qui nous a conduit à rentrer en France, puis tout a été annulé deux jours

avant notre départ pour la Chine après que POMA ait perdu l’appel d’offre pour les jeux

olympiques de Pékin de 2022. Et c’est à ce même moment que j’ai démissionné de

l’école des avocats pour partir en VIE en Chine pour LA CORNUE (fabricant français

de pianos de cuisine haut de gamme)

» raconte Amandine «

j’ai beaucoup appris de

cette expérience, dont le dynamisme des chinois

». Yannick partira avec elle et

travaillera ensuite pour TIAMA comme ingénieur chargé du sourcing de machines de

contrôle de verre creux «

ma mission était d’assurer la coordination entre les équipes

françaises basées vers Lyon et les équipes chinoises basées à Shanghai, Chengdu et

Weifang. Parmi tous les enseignements tirés de cette expérience je mettrais l’accent

sur la complémentarité que j’ai pu constater entre le savoir-faire français et la réactivité

chinoise »

. Fin 2019, Amandine revient en France quelques mois, puis retourne à

Pékin le 23 janvier 2020 : «

je suis arrivée à Pékin, le jour de la fermeture de la Chine

en raison de la covid19. Tout était à l’arrêt. Nous avons pris le train jusqu’à Weifang

(3h de train depuis Pékin). Les villes et les transports étaient déserts. Les gens

portaient des combinaisons intégrales et nettoyaient les rues et les trottoirs. On ne

pouvait pas sortir de notre appartement librement. On était effrayés, presque paniqués.

Je suis rentrée en mars 2020, mais Yannick n’a pas pu partir en même temps. Nous

sommes restés éloignés jusqu’à décembre 2020. La crise sanitaire a précipité notre

retour en France, nous avons décidé de renoncer à la Chine, pour revenir en France et

y créer notre société

». Toutes ces aventures ne les ont pas éloignés de Jean-Rémy, le

3e ami d’enfance, menuisier depuis plus de 10 ans au Vigan. Ils partagent tous les

trois un goût affirmé pour l’ameublement mais également la convivialité, puisque c’est

souvent autour d’un feu de brasero ou un barbecue qu’ils ont l’habitude de se retrouver

pour parler de leurs vies respectives. Et voici la naissance de COEO – un nom tiré du

latin « se rassembler » pour une marque de mobilier extérieur qu’ils décrivent comme

étant à l’image du Sud de la France : «

Une marque accessible, généreuse et

originale

! ». Pour leur lancement, ils ont choisi un triptyque brasero/barbecue/plancha

en acier Corten qui fonctionne au feu de bois. «

Nous avons choisi cet objet car il

incarne l’ADN que l’on souhaite transmettre. Nous aimons les belles matières et

voulons valoriser les matériaux tels que l’acier et le bois. Nous sommes également très

attachés à l’Art de vivre du Sud où la convivialité des soirées en famille et entre amis

fait partie de notre quotidien. Il nous est apparu évident de véhiculer ceci à travers la

Gastronomie, qui est selon nous le premier vecteur d’échanges ! A travers nos

différents voyages nous avons remarqué que le barbecue est un mode de cuisson

universel présent sur tous les continents, qui rassemble toutes les cultures, les

catégories socio-professionnelles et les nationalités ! Nous avons donc choisi de nous

lancer avec ce produit, au design réfléchi mais simple et épuré, conçu pour durer.

»

Lancé en janvier 2021, les commandes se multiplient et COEO compte déjà 4

revendeurs ( à Montpellier et Narbonne). Actuellement, les trois amis d’enfance

recherchent à la fois des solutions d’approvisionnement, mais également des

distributeurs. Leur retour sur l’expatriation ? «

Partir loin nous a permis de nous rendre

compte à quel point nous avons de la chance d’être français ! Nous avons apprécié la

diversité des cultures et pays que nous avons traversé et avons pris conscience que

nous avons pu bénéficier gratuitement de parcours en universités / écoles qui nous ont

permis de nous expatrier dans de bonnes conditions en trouvant des emplois en

Angleterre, au Canada, et en Chine. On est conscient qu’en France tout est facilité

pour nous inciter à partir explorer. Quant au retour, là encore l’accompagnement dont

on a bénéficié pour nous lancer dans l’entrepreneuriat a également été remarquable (à

titre d’exemple, Sylvie Polop de la CCI au Vigan les a notamment aidés pour obtenir un

financement de lancement). On incite tous ceux qui hésiteraient encore à se lancer, et

aller faire un tour de l’autre côté de la planète !

». Souhaitons bonne chance à ces

passionnés, qui ont pour ambition de créer des objets et des espaces qui incitent à la

convivialité

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